> Economie sociale/mouvement coopératif > Mutuelles et coopératives >  Retour à la liste de résultats

OCCE - Les coopératives scolaires au service des élèves et de l'Ecole
Collectif

OCCE - Les coopératives scolaires au service des élèves et de l'Ecole Éditeur : L'Archipel
Collection : L'information citoyenne

OCCE
Office central de la coopération à l'école

Retour à la fiche complète

Fiche imprimable Imprimer

"Une préparation modeste aux devoirs de l'avenir" (1), brève histoire de l'OCCE (extrait)
Les enfants le rappellent aux parents : « Il ne faut pas oublier la cotisation pour la coopérative… » Parce qu’ils ont compris que c’est la coopérative qui permet d’organiser une fête ou une kermesse, d’acheter des livres pour la bibliothèque, de préparer un petit voyage, peut-être d’avoir des correspondants en Afrique ou en Roumanie, et qu’ensuite on racontera tout dans le petit journal. Les enfants savent aussi qu’à la coopérative on peut discuter comme des grands, on a des idées, on fait des projets… Mais, malheureusement, parfois aussi, de la coopérative dont ils sont membres, ils ne connaissent rien ou pas grand-chose.
Les parents, quant à eux, savent qu’il faut payer la coopérative de l’école, du collège ou du lycée. Ils croient souvent la cotisation obligatoire, et bien peu perçoivent la coopérative comme autre chose qu’une « caisse » complétant les ressources financières de l’établissement. Pourtant, depuis le 10 février 1948 (2), les coopératives scolaires ont une existence clairement définie : « Sociétés d’élèves gérées par eux avec le concours des enseignants en vue d’activités communes. Inspirées par un idéal de progrès humain, elles ont pour but l’éducation morale, civique et intellectuelle des coopérateurs par la gestion de la société et le travail de ses membres », elles sont à l’évidence porteuses d’un projet pédagogique et revendiquent d’être « l’éducation citoyenne en actes ».

LES PREMIERS PAS : 1881-1928
Des origines
Dater leur apparition et suivre leur développement national et international n’est pas aisé. Elles ont plus d’un siècle d’existence, comme le rappelle Fernand Cattier3 : « En 1906, la Pologne connaissait déjà les coopératives scolaires… de petites boutiques de fournitures scolaires, des caisses d’épargne, des cantines coopératives, des imprimeries, des bibliothèques des ateliers de reliure, de coiffure ou de menuiserie ou des associations de secours mutuels faites entre élèves. Telle coopérative a fondé un bureau de placement, telle autre a créé un musée, a cultivé un jardin, a institué un club sportif. »
Présente en Tchécoslovaquie, dans des lycées en Bulgarie, en Lettonie, en Argentine, au Mexique, en Italie, en Russie, en Angleterre, etc., « la coopération scolaire est un vaste mouvement mondial » aux motivations et aux objectifs très divers, dont la France semble avoir été « la terre d’élection » (4).
Dans un monde où rien encore n’était vraiment fait pour protéger ouvriers et paysans des calamités naturelles et sociales, de la maladie, du chômage, de la misère, sous l’impulsion d’enseignants convaincus de l’importance de la solidarité mutualiste, apparaissent en effet un peu partout en France, à l’intérieur des classes primaires, des organisations mutuelles de travail ou d’épargne (5).
Après la loi du 15 juillet 1850 et les décrets du 26 mars 1852 et du 26 avril 1856, les sociétés de secours mutuel connaissent un grand essor, mais il apparaît très rapidement que l’augmentation incessante des frais de maladie des sociétaires déjà vieillis rend impossible le versement d’une pension de retraite significative. « Il fallait un remède à cette situation ! Ce remède semblait consister à constituer la Société au moyen d’éléments plus jeunes, par cette raison plus robustes et capables avec une moindre cotisation de laisser en caisse chaque année des excédents de ressources employables à la formation du capital retraite » (6), déclare J.-C. Cavé (7), qui eut l’idée d’appliquer le principe de prévoyance mutuelle à l’enfance, et cela dès l’école. La première « Petite Cavé » (8) était née.
Avec l’aide de la Ligue de l’enseignement et le soutien de son président Jean Macé, l’idée se propagea rapidement : au 31 mars 1896, il existait dix sociétés scolaires ; un an plus tard, on en comptait cent dix, puis quatre cents en 1898, plus de huit cents en 1899 et 3 991 au 31 mars 1904. En quelques années, les mutuelles scolaires devinrent cantonales, puis départementales (9).
À côté des « Petites Cavé » furent créées des mutuelles postscolaires, qui permettaient aux associations d’anciens élèves de poursuivre les versements débutés à l’école et assuraient ainsi le trait d’union avec les sociétés de secours adultes.
Dès leur apparition, les mutuelles scolaires ont été animées par la volonté d’« amener toutes les abeilles de France à goûter au miel de la Fraternité », mais encore fallait-il s’assurer que cette aide ne se substituât pas à l’effort de chacun (10).
Aussi, à côté de l’assistance départementale solidaire qui se mit assez rapidement en place (11), les élèves étaient invités à participer activement, par quelques heures de travail (12), à l’enrichissement de la mutuelle.
Les scolaires seront propriétaires de véritables forêts (13).
C’est ainsi que les mutuelles scolaires se transforment progressivement en coopératives de production : élevage de (...)

Notes
1 - Léopold Mabilleau, article du Petit almanach de la Coopération 1900, in Guide de la coopération scolaire, INRP, Paris, 1961, p. 15.
2 - Circulaire ministérielle.
3 - Directeur de l’école normale d’instituteurs des Vosges et inspecteur primaire. Il avait réalisé dans les années 1920 une étude consacrée à la coopération scolaire, « Les coopératives scolaires », in Revue des études coopératives, n° 25, octobre-décembre 1927, p. 1-3.
4 - Cattier, ibid.
5 - Charles Boos, dans une étude consacrée aux origines de la coopération scolaire, précise que la première en date de ces associations de travail en commun à but mutualiste a fonctionné à Paris en 1881. Une autre, s’intéressant à la sylviculture, fut créée dans le Jura en 1889. Dix ans plus tard se constituait « la Fédération des sociétés mutuelles scolaires, forestières, pastorales, fruitières et des amis des arbres du département de l’Ain. […] Signalons, dans un autre domaine, précise-t-il un peu plus loin, l’expérience à Carcassonne en 1912, d’une coopérative qui utilisa ses bénéfices pour venir en aide aux élèves dans le besoin. »
6 - Bertheloot, La Mutualité scolaire, CNDP, Orléans, 1910, p. 10.
7 - Juge au tribunal de commerce de la Seine et responsable d’une société de secours mutuel dans le XIXe arrondissement de Paris.
8 - Le terme de « Petite Cavé » désigna par la suite les sociétés scolaires de secours mutuel.
9 - Bertheloot, op. cit., p. 40.
10 - Bertheloot, op. cit., p. 64.
11 - En 1907, soixante-cinq départements avaient voté l’aide aux orphelins.
12 - Par exemple, M. Yvon, directeur d’école à Breuillet (ex-Seine-et-Oise), ayant fondé en 1898 une société scolaire de secours mutuel, eut l’idée, pour aider les enfants dont les parents ne pouvaient payer les cotisations, de mettre en place dans l’école un élevage de lapins et un « rucher mutualiste ».
13 - Bertheloot, op. cit., p. 72.

 

Extraits

 "Une préparation modeste aux devoirs de l'avenir" (1), brève histoire de l'OCCE (extrait)

 Changer l'école pour changer la société (Jean-François Vincent, libre propos, extrait)

 Charte de la coopération à l'école

 Entretien avec Jean-François Vincent (propos recueillis par Yvette Ladmiral, extrait)

 Organisation et fonctionnement de l'OCCE (extrait)

 Pionniers et militants (extraits)

9.50 € TTC
Ajouter au panier
(Version imprimée)

Téléchargements

Version PDF  Table

Version PDF  Histoire de l'OCCE (extrait Pdf)

Version PDF  OCCE, pionniers et militants (extrait, Pdf)

Version PDF  Charte de la coopération à l'école

Version PDF  Organisation et fonctionnement (extrait-Pdf)

Version PDF  Interview Jean-François Vincent (extrait-Pdf)

Version PDF  Changer l'école... (extrait-pdf)