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(Fédération unie des auberges de jeunesse)
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Brève histoire du mouvement des auberges de jeunesse (extrait de l'historique d'Yvette Ladmiral)
Tout le monde a entendu parler des Auberges de Jeunesse, mais bien peu savent comment et pourquoi elles sont nées.
«Frayer une route à la compréhension
mutuelle et à la réconciliation des peuples»
Pour certains, l’ajisme est né à Londres en 1844. Sir George Williams, devenu commerçant en textile anglais, fonde les YMCA (Young Men Christian Associations). Il avait connu dans sa jeunesse de très rudes conditions de travail et souhaitait partager avec d’autres jeunes une expérience spirituelle chrétienne, ainsi qu’une démarche d’engagement et d’assistance auprès des plus démunis dont il faisait alors partie.
Dès 1845, de nombreuses YMCA naissent en Suisse, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Inde, et en Amérique du Nord. Après la signature du texte de la « Base de Paris » qui en formalise les valeurs (appel à la responsabilité de soi et au respect de l’autre, dénonciation de tout fanatisme, exhortation au témoignage pour la justice et la paix), le mouvement international « Alliance mondiale des YMCA » est lancé en 1855, à Paris.
Pour d’autres, la source est à chercher en Allemagne où, pendant les vacances d’été 1907, Richard Schirrmann, instituteur, fils et petit-fils d’instituteur, installe dans sa salle de classe de la Nette-Schuhe à Altena-Rahmede, en Westphalie, des couchettes de paille pour abriter les joyeux luronsqu’il mène en randonnée. Ainsi fut créée la première Auberge de Jeunesse, s’accordent à dire un grand nombre d’historiens.
L’exemple fut suivi. Les « auberges des écoliers », au confort très rudimentaire, se multiplient rapidement. Les dons affluent, on remplace les paillassons par des lits en fer, des matelas et des couvertures, la possibilité d’accueil devient permanente, on chante les vertus de la vie simple. En 1912, le premier guide est publié, alors que, en 1911, quelques pièces du château d’Altena sont offertes pour la création de la première auberge permanente d’Allemagne dont Richard Schirrmann devient père aubergiste.
Neutralité politique absolue, accueil de toute la jeunesse sans distinction sociale, oeuvre populaire des vieux pour les jeunes président au développement des auberges allemandes qui, dotées dès 1919 d’un Comité central des auberges, deviennent un modèle pour le monde entier. Bientôt, au lieu de se contenter d’aménager châteaux, vieux locaux, navires et péniches, on construit des auberges, et la place de la salle de réunion prévaut sur celle des dortoirs, car la vie communautaire est l’objectif premier. Au-delà du pantalon de montagnard, de la chemise ouverte à la « Schiller », de la mandoline attachée au sac à dos, un certain style de vie est né, « quelque chose d’indéfinissable » qui distingue « aussi bien l’hôte que l’hôtesse des autres mortels ». Éloge du voyage à pied sur les routes, intimité avec la nature retrouvée, découverte de « son propre pays et des pays et des gens qui ont une autre langue », volonté de construire « des Auberges de la jeunesse comme foyers de la paix pour le bonheur de l’humanité » résument, non sans un certain lyrisme romantique, les valeurs de l’ajisme naissant grâce aux instituteurs qui, en Allemagne, à la différence des ecclésiastiques et des professeurs, soutiennent Richard Schirrmann.
OEuvre des instituteurs, le mouvement des auberges de la jeunesse est aussi et surtout la « traduction matérielle du mouvement de la jeunesse allemande », qui, bien avant 1909, témoigne de la volonté de rébellion des jeunes « contre le caporalisme matériel et intellectuel » du vieux monde.
«… tête nue alors que le monde entier portait
un chapeau…»
Un esprit nouveau a pris forme. Dans la petite localité de Steglitz, entre 1895 et 1899, Hermann Hoffman-Fölkersamb et Karl Fischer organisent un nouveau style d’excursion collective, loin des beuveries et tabagies citadines et délivré de l’oppressante tutelle des adultes. Proches de la nature, dirigés par un des leurs, soucieux d’être leur propre maître, les membres des Wandervögel (« oiseaux migrateurs »), essentiellement lycéens et étudiants, deviennent la figure d’une « protestation contre le manque de vitalité, de chaleur, de sentiments, d’idéal » de la civilisation aux débuts de l’ère industrielle.
Trois roses des Alpes et la poignée de deux
mains réunies… ou les Amis de la Nature
Dans le but de jeter les bases d’une organisation ouvrière internationale de tourisme social et culturel, le 18 avril 1895, Schmiedl fonde à Vienne une association d’organisation de loisirs centrée sur les activités de plein air, les Amis de la Nature. Sorties pédestres, ski et montagne, camping, nudisme, alimentation végétarienne, culte romantique et quasi mystique de la nature sont les pratiques et les idéaux de ce mouvement dont les adeptes, qui parlent l’espéranto, se revendiquent internationalistes et prolétariens.
L’influence du colonel Baden-Powell
Pour d’autres encore, c’est le scoutisme qui inspire la pensée des premiers fondateurs. Fondé en 1907, en Angleterre, par le colonel de l’armée coloniale britannique Baden-Powell, le scoutisme est introduit en France en 1910 lorsque le pasteur Galienne organise une troupe de scouts en milieu ouvrier. En 1911, à l’initiative de Samuel Williamson, sont créés les Éclaireurs unionistes d’obédience protestante, puis les Éclaireurs de France - d’orientation laïque - ainsi que les Éclaireurs français, l’un et l’autre mouvements soutenus par la Ligue de l’enseignement.
Les catholiques, d’abord très hostiles à un mouvement venu du protestantisme, fondent en 1921 les Scouts de France au moment où naît la Fédération française des éclaireuses, regroupant toutes les girls scouts.
Accusé d’être paramilitaire, mais de fait apologie de la vie en plein air, influencé par les idées de Rousseau et de Pestalozzi, le scoutisme propose (…)
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© Yvette Ladmiral pour l’Information citoyenne-L’Archipel