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Qu'est-ce que le SNES ?
collectif

Qu'est-ce que le SNES ? Éditeur : l'Archipel
Collection : l'Information citoyenne

SNES
Syndicat national des enseignements du second degré

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Revendiquons le syndicalisme... Libre propos
Revendiquons le syndicalisme face au défi des politiques libérales

Les rapports entre le politique et le syndical ont toujours été complexes, ont évolué en profondeur ; l’idée d’une prise d’indépendance a rapidement progressé au fil des expériences et le besoin pour les organisations syndicales de se doter d’outils propres de réflexion s’est imposé.
Les débats autour des grandes orientations scolaires et culturelles ont validé l’idée que le mouvement syndical et plus largement le mouvement social ne pouvaient abandonner aux seuls politiques la responsabilité des grands choix de société.
C’est le sens de l’orientation que nous pratiquons en parlant de syndicalisme de transformation sociale et de
lutte; c’est pourquoi le SNES et la FSU ont impulsé depuis plusieurs années une réflexion pour contribuer à la
construction d’autres perspectives sociales, culturelles, économiques. En participant à diverses initiatives en tant que membres de collectifs (ATTAC, etc.), en multipliant les débats au sein du mouvement syndical, ils ont essayé de faire avancer ces axes. La situation actuelle est dangereuse pour le syndicalisme et la démocratie; les partis politiques restent dans l’aporie, n’ouvrent pas de pistes de réponses aux situations nouvelles. Cela débouche sur des attentes fortes de la population en direction des organisations syndicales et, plus largement, de l’ensemble du mouvement social. Ces attentes, parce qu’elles s’appuient sur l’absence de perspectives politiques alternatives, font peser sur les organisations syndicales et sur l’ensemble du mouvement social des responsabilités qui ne sont pas les leurs et conduisent à fragiliser leurs actions.
La fin d’un certain nombre de régimes dans les pays de l’Est, la difficultéà en analyser les dérives, la carence
d’un débat sur les orientations et les pratiques aptes à l’émergence d’alternatives au capitalisme ont ancré l’idée du libéralisme comme seul modèle et facilité le retour de gouvernements de droite. Les difficultés rencontrées dans le cadre de la construction européenne, incapable de promouvoir des objectifs d’amélioration des droits sociaux, perçue comme favorisant la concurrence entre États au détriment des salariés, ont aiguisé les conflits, accentué le repli et diminué les approches collectives.
Confortées par l’affaiblissement de modèles politiques alternatifs mais aussi l’éparpillement syndical,
les politiques libérales se sont affirmées avec rigueur et brutalité.
En France, les gouvernements qui se sont succédé depuis 2002 ont mis en œuvre des mesures changeant profondément notre modèle social, accentuant le libéralisme et la rigueur budgétaire. Opposant la légitimité issue des urnes aux mouvements sociaux, Jean-Pierre Raffarin déniait ainsi le droit aux organisations syndicales représentatives des salariés de contester des mesures régressives, sur les retraites, le désengagement de l’État, etc., revenant ainsi en arrière sur les rapports du politique et
du syndical.
Ce travail de sape a été facilité par un certain délitement du corps social, le développement de nouvelles
formes de salariat plus précaires, les questions entretenues entre travailleurs français et immigrés, travailleurs sous statut et contrats à durée déterminée.
Dans le même temps, le paysage médiatique s’est profondément transformé et l’émergence de nouveaux
moyens de communication et de diffusion de l’information ont bouleversé les circuits traditionnels sur lesquels
s’appuyaient les syndicats dans la construction de la mobilisation. Ainsi la construction des solidarités, la diffusion des idées prennent des chemins beaucoup moins identifiés et beaucoup plus diversifiés qu’il y a vingt ans. Cet enjeu est d’autant plus important que les métiers de l’éducation vivent une période de renouvellement massif.
Plusieurs mouvements sociaux sectoriels ont connu un certain retentissement et obtenu des résultats partiels mais tangibles (enseignement supérieur, chercheurs, chômeurs…). L’implication du syndicalisme, réelle, n’a pas forcément donné toute sa dimension; différentes formes de coordination se sont développées, faisant leur lit du sentiment que l’action syndicale traditionnelle ne peut déboucher sur des avancées concrètes.
L’Éducation n’a pas échappé à la tourmente causée par ces politiques; le développement des orientations prônées pour la fonction publique, l’autonomie croissante des établissements ont des effets sur les solidarités et des cadres de revendication embrassant l’ensemble des données et situations. Les pertes de pouvoir d’achat, l’alourdissement des conditions de travail conduisent de plus en plus chacun à chercher des solutions individuelles; la confiance dans la capacité des organisations syndicales à peser, arracher des conquêtes répondant aux besoins de chacun et de tous s’étiole. De façon corollaire, le mécontentement, la révolte même existent, les potentialités de mobilisation perdurent, elles revêtent des traductions diverses et la période dernière a vu se multiplier des formes d’action alternatives à la grève (occupation d’établissements, rassemblements festifs…); de même, l’engagement important dans des mouvements comme RESF illustre l’appétence pour toutes les formes de solidarité, le besoin de construire des alternatives au modèle actuel.
Traversés de contradictions, les salariés, dans l’Éducation comme ailleurs, aspirent à l’unité, y voient un facteur important de réussite des actions, la perçoivent aussi comme un frein parfois, cassant des dynamiques, posant la question des plates-formes.
Aussi, alors que la dureté de la politique néolibérale exige une riposte de haut niveau, le syndicalisme français doit bouger; la FSU et ses syndicats peuvent y contribuer en prenant des initiatives. Encore faudra-t-il que la loi de modernisation du dialogue social de 2008 n’induise pas des réflexes d’appareil !
Pour cela, nous proposons de poser les problématiques en termes d’objectifs et finalités, d’analyser à la lumière des besoins des salariés et des évolutions des organisations syndicales les perspectives d’unification. Il y a urgence dans le contexte actuel.

 

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